Patagonie, Chapitre 3

Chaiten et le Parc Pumalín

Le soir de notre journée aux chutes de Pétrohué, nous prenons la direction du ferry. Comme je vous l’ai décrit dans le chapitre précédent, nous avons attendu pendant un petit moment avant de pouvoir embarquer. Puis, il y a un léger contrôle pour accéder au ferry. Une fois à l’intérieur il n’y a pas de places attitrées. Nous choisissons donc chacun deux sièges pour en faire notre lit. Et nous voilà partis pour quelques heures de repos à bord de ce ferry qui s’achemine jusqu’à Chaiten. Franchement, pour voir que j’étais allongé sur deux sièges comparables à des sièges de bus, j’ai très bien dormi. J’étais emmitouflé dans mon duvet, bien au chaud, j’avais mis un bandeau sur les yeux, et vu que les autres passagers dormaient aussi il n’y avait pas trop de bruits, à part quelques enfants rebelles, mais de toute façon j’avais mes boules quies.

Je peux donc vous recommander le ferry, surtout de nuit, il permet d’économiser une nuit et de rentabiliser le trajet. Et les prix sont très corrects. Je vous mets ci-dessous le lien pour aller vers le site de la Naviera Austral, c’est chez eux que vous pourrez réserver un billet pour la traversée. Il y a plusieurs itinéraires possibles, vous pouvez partir directement depuis Quellon sur l’archipel de Chiloé. Nous ne l’avons pas fait car les dates ne coïncidaient pas. 

Pour réserver les billets de ferry 

Site de la Naviera Austral : Naviera Austral

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Arrivée à Chaiten

Au matin du 11 décembre, nous arrivons à Chaiten. Nous débarquons du ferry et nous devons marcher une bonne dizaine de minutes pour arriver au village. Nous avions déjà réservé notre hostal mais il est trop tôt pour s’y rendre. N’ayant pas pris de petit déjeuner sur le ferry nous partons en quête d’un café pour nous réchauffer. À peine avions nous pris cette décision que des trombes d’eau s’abattent sur nous. Nous sommes tout heureux de trouver une auberge à quelques mètres de là, faisant aussi office de restaurant et café. Nous resterons le temps d’un thé et le temps de se motiver à repartir sous la pluie battante.

Nous rejoignons ensuite l’hostal réservé quelques jours plus tôt sur Booking. Je vous recommande ce logement si vous êtes de passage à Chaiten. Le prix est honnête, il y a tout ce qu’il faut pour avoir un minimum de confort, l’hôte n’est pas trop présente mais reste sympathique et il n’est pas trop loin du centre. Je vous mets ci-dessous toutes les infos si vous souhaitez réserver une nuit chez eux. 

Hostal y cabaña Casa Grande

Adresse : Libertad 47, Chaiten, Chile
Prix : 13 500 Pesos/nuit/personne
Contact : +56 942 760 388

Nous prenons nos marques rapidement. Puis, direction le bureau du tourisme pour obtenir des renseignements sur les activités possibles dans la Parc Pumalín. Ils sont accueillants, c’est une jeune femme qui nous reçoit et nous donne toutes les informations nécessaires pour visiter les lieux proches de Chaiten. Mais une chose est sûre, vu le temps nous n’irons pas loin.

 

Chaiten est situé au coeur du Parc Pumalín sur la Carretera Austral, la route principale qui traverse la Patagonie. Ce parc s’étend sur 3250 km2 et abrite les volcans Chaiten et Hornopiren. Il a été fondé en 2018 et il est géré par la CONAF (Corporación Nacional Forestal).

Pour la petite histoire, le Parc National de Pumalín a vu le jour grâce au californien Douglas Tompkins (co-fondateur de la marque The North Face) et sa compagne Kris Tompkins en 1991. Le couple d’alpinistes a d’abord commencé par acheter de vastes territoires abandonnés dont la ferme Reñihué. Puis son envie de protéger les forets alentours l’a poussé à acheter de plus en plus de territoires et c’est via sa Fondation « Conservation Land Trust » qu’il va sauver de nombreux terrains menacés par l’exploitation forestière.

L’année 2005 signe l’aboutissement de tout ce qu’a entrepris Douglas Tompkins, le président chilien Ricardo Lagos reconnait les terres du californien alors regroupées sous le nom de « Parque Pumalín » comme un sanctuaire naturel. Ce nouveau statut permet de protéger les terres face à l’exploitation forestière.

Au sein de ce parc il y a plusieurs choses à voir :

  • Sendero Cascadas Escondidas 
  • Sendero Volcan Chaiten
  • Sendero Caleta Gonzalo
  • Sandero Volcan Mihimahinda
  • Sendero El Amarillo

Le temps ne nous a pas permis de faire le programme que nous souhaitions. Le premier jour la pluie tombe abondamment, et autant vous dire qu’en Patagonie la pluie est loin d’être amicale. Elle est glaciale, elle pénètre les vêtements et ronge la chair. Aucune randonnée n’est possible dans ces conditions.

Par moment, la pluie se fait plus légère et nous entreprenons quelques sorties dans le village. Nous allons même jusqu’à la plage. Oui oui, la plage. Mais on oublie les maillots de bains, parasols, beach volley et compagnie, là c’était plutôt k-way, bonnet et les mains au chaud dans les poches.

Cela a tout de même du charme. La plage est déserte. Une meute de chiens gambade le long de l’eau. J’essaie tant bien que mal de les approcher mais ils sont craintifs et s’enfuient dès que j’arrive trop proche. La vue sur Chaiten depuis la plage est magnifique. Le village est là, sous les montagnes, toujours debout après l’éruption du volcan Chaiten.

Volcan Chaiten

Le lendemain matin, nous sommes fin prêt à en découdre avec le volcan Chaiten! L’entrée est gratuite, comme à peu près tout dans le Parc Pumalín. Il y a un parking le long de la route, au début du sentier. Un bus part de Chaiten en direction de Puerto Montt et vous devez demander au chauffeur de vous déposer là où commence la randonnée. Ils sont habitués à faire ça, il n’y aura pas de problème. Sinon il faut y aller en stop car c’est la seule solution. Le bus coûte 3000 pesos par personne et il faut compter 20 à 25 minutes de trajet.

Site de la compagnie de bus : Kemel

Le sentier pour monter jusqu’au volcan représente 5,5 km aller retour avec un dénivelé de 625m. Cela peut paraître peu mais il ne faut pas sous-estimer la montée. Le sentier est composé principalement de marches en pierre ou en bois qui peuvent être assez hautes, elles font bien travailler les cuisses je vous assure. Ce n’est pas pour rien que la randonnée est classée en difficulté moyenne/haute.

Après c’est comme tout, cela va dépendre de votre forme physique. Nous avons vu une famille avec des enfants arriver au sommet sans encombre. Et peux vous promettre une chose : la vue est proportionnelle à l’effort demandé, plus vous monterez plus la vue se dégagera sur la vallée, et plus vous serez bouche bée face à l’immensité et à la beauté du parc en contrebas. 

Au sommet du volcan, le panorama est grandiose. Ici, la végétation laisse place à une forêt d’arbres morts. Le cratère est encore fumant, mais rien de dangereux. Il faut savoir que le volcan Chaiten est un volcan actif. En mai 2008, il est entré en éruption détruisant presque intégralement la ville de Chaiten. Heureusement les autorités eurent le temps d’évacuer tous les habitants. Ils s’abritèrent dans une nouvelle ville construite plus loin. Aujourd’hui, Chaiten est de nouveau sur pied et habitée grâce aux habitants courageux qui sont revenus sur leurs terres pour rebâtir leurs foyers.

Nous grignotons un bout face au volcan. Puis, je me rappelle avoir vu une sorte de lac en arrivant au sommet. Il n’y a pas de chemin pour se rendre là-bas mais je m’aventure entre les branches et les arbres morts qui jonchent le sol pour me frayer un chemin. En une vingtaine de minutes j’arrive enfin au dessus du lac. Il est d’une couleur bleue verte assez surprenante. Je ne reste pas trop longtemps, Mathis m’attend pour redescendre.

La redescente est plus facile comme vous vous en doutez. En arrivant en bas, coïncidence plutôt drôle, nous croisons un français rencontré à Valparaiso quelques mois auparavant, il traverse la Patagonie seul, et s’arrête dans chaque parc pour randonner au maximum et savourer chaque miette du sud chilien. Lorsque nous le croisons il s’apprête à attaquer le volcan. De nôtre côté nous retournons à l’hostal pour récupérer nos affaires. Notre objectif est de faire du stop à la sortie de Chaiten pour nous rendre à Futalefu ou Coyhaique, à 8h de route d’ici.

Stop vers Coyhaique

Nous sommes donc à la sortie du village, quelques voitures passent devant nous, certains nous ignorent d’autres nous font comprendre qu’ils ne vont pas jusqu’à Coyhaique. Le temps passe, mais nous gardons espoir. Une heure plus tard toujours rien, et le flux de voitures diminue de plus en plus. En fait, un problème se pose. Nous avions mal calculé notre coup. Nous sommes en fin d’après-midi et personne ne fait le trajet jusque dans le sud à cette heure-ci. Par chance, deux sexagénaires proposent de nous avancer de quelques kilomètres sur la Carretera Austral. Ils nous disent également qu’ils sont propriétaires d’un camping à quelques pas de là où ils nous déposent, si nous ne trouvons pas de chauffeur pour nous emmener vers le sud nous pourrons dormir dans leur camping pour la nuit. Nous enregistrons l’information et allons tenter une dernière fois de faire du stop non loin de là. 2h30 de stop sans succés. Le soleil se couche, nous décidons d’abandonner mais ce n’est que partie remise!

Nous passerons donc la nuit dans le camping des deux charmantes personnes que nous avions rencontrées un peu plus tôt, pour la modique somme de 5000 pesos chacun

Camping : Cabañas y Camping Arroyo Claro

Le lendemain matin nous sommes très tôt sur le qui-vive. À 7h30 la tente est pliée, nous sommes douchés, bien réveillés et prêt à retenter notre chance pour le stop

Nous allons donc nous positionner à quelques centaines de mètres du camping dans un tournant stratégique. À 8h30, un camion s’arrête. Fernando se rend à Coyhaique à bord de son camion de réapprovisionnement. La chance nous sourit enfin! Mathis s’assoit s’assoit sur le siège passager et quant à moi je prends place à l’arrière, assis sur un matelas qui semble être le lit du chauffeur, et le dos contre la paroi du camion. Ce n’est pas aussi confortable que les bus chiliens mais ça fera l’affaire. Et nous voici partis pour 8h de route à bord d’un mastodonte

Les routes qui rejoignent le sud ne sont pas de tout repos, surtout avec un camion de plusieurs tonnes. Ce sont des routes de montagnes aux virages serrés, mais heureusement notre pilote est un habitué, il conduit son engin comme on conduirait une Fiat 500 (ceci n’est pas un placement de produit). C’est le Sébastien Loeb du camion. Après de longues heures de discussion agréables avec lui, il nous dépose finalement à Coyhaique. J’aimerais que l’on prenne 2 secondes pour saluer sa gentillesse, et s’il passe par là (même s’il y a très peu de chance), merci Fernando!

La ville de Coyhaique n’a rien d’extraordinaire, pour nous c’est juste un point de passage avant de rejoindre plus profondément le sud. Nous logeons pour la nuit dans un Airbnb réservé à l’avance. Demain nous prendrons le bus pour Puerto Rio Tranquilo et sa cathédrale de marbre!

La suite dans le prochain article! Merci d’avoir lu mon article, si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser en commentaires, ce sera avec plaisir que je vous répondrai. Et en attendant, je vous dis : Prenez soin de vous et HASTA PRONTO!

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